PARLEZ-VOUS MUNEGASCU ?

Plaque de Nom de Rue en Français Monégasque Monaco
Double affichage français-monégasque pour ce nom de rue

Le Français est la langue officielle à Monaco. Mais saviez-vous qu’il existe également une langue monégasque ? Son nom : le « Munegascu ». Prononcez « Mounégascou ». Parlée par environ 15% de la population aujourd’hui, elle a pourtant bien failli disparaître…

 

EXPLICATIONS

D’après la Constitution de Monaco de 1962, seul le français est langue officielle en Principauté. À ce titre, tous les documents officiels des institutions politiques et judiciaires sont publiés en français. C’est également la langue dominante, parlée par environ 58 % de la population. Pourtant, en se promenant dans les rues de Monaco, on pourrait croire que le monde entier s’est donné rendez-vous ici, tant on entend de langues différentes autour de nous… Et  même du « Munegascu » !

 

UN PEU D’HISTOIRE

Le monégasque est un dialecte de type ligure occidental, assez proche de la langue parlée à Vintimille (l’intémélien). Il est parlé depuis le Moyen Âge, lorsque les Génois se sont établis à Monaco pour en faire une place forte et ont fait appel à des Vintimillois. Si la langue tire donc ses origines du Génois, elle a évolué au fil du temps, au gré de la rupture avec Gênes et des influences des parlers voisins. Les nouveaux arrivants, venus des vallées niçoises, d’Italie, du Piémont et de Ligurie, ont chacun apporté leur dialecte, enrichissant une langue commune, devenue une véritable langue unificatrice et identitaire. Le monégasque est donc le résultat d’une colonisation, qui eut lieu à partir de 1215.

 

UN MIRACLE ?… PAS VRAIMENT

L’usage quotidien du monégasque a beaucoup reculé après la Seconde Guerre mondiale. Il est même considéré en voie d’extinction dans les années 1970 et aurait pu disparaître définitivement s’il n’avait continué à être transmis oralement dans les familles. Un miracle que la langue ait survécu jusqu’à nos jours ? Pas tout à fait… Une poignée d’hommes et de femmes créent en 1924 ce qui allait devenir le Comité National des Traditions Monégasques. Ils s’attachent à mettre sur papier ce qui n’était alors qu’une langue strictement orale, dépourvue de grammaire et de littérature formelles. Viendra ensuite le soutien d’un Homme, le Prince Rainier III, qui sauva définitivement le monégasque.

Laisser mourir une langue, c’est ternir à jamais l’âme profonde d’un peuple, c’est renoncer pour toujours à l’un des legs les plus précieux de son passé.

Voilà ce qu’il déclara le 15 mai 1982 lors de la séance inaugurale
 de l’Académie des Langues Dialectales de Monaco. À son initiative, le monégasque devient obligatoire dans les écoles primaires publiques de la Principauté en 1976, puis en 1988 dans l’enseignement privé et jusqu’en 5ème en 1998. À partir de la 4ème et jusqu’en terminale, c’est au choix de l’élève de continuer ou non. Il est même accepté en option au baccalauréat au Lycée de Monaco. Des concours écrits et oraux officiels sont aussi organisés dans le cadre des cours, et les remises des prix sont effectuées dans la cour de la Mairie de Monaco en présence du Prince Souverain et des Autorités monégasques.

 

PETIT COURS ACCÉLERÉ

L’alphabet monégasque ne comporte que 23 lettres, le K, W et X étant absents. La prononciation des lettres diffère aussi parfois du français. De plus, l’accent tonique, quasi inexistant en français, est au contraire très marqué. Mini lexique pour ceux qui voudraient s’initier (dictionnaire complet ici) :
⋅ Bonjour : bon giurnu / bungiurnu
⋅ Au revoir : a se revede / ciau
⋅ Merci : Merçi

 

CONCLUSION

Le monégasque aurait pu disparaître… Mais son enseignement à l’école, devenu obligatoire en 1976 à l’initiative du Prince Rainier III, semble lui avoir donné un second souffle. La réintroduction et l’utilisation du « ligure monégasque » dans la vie courante affirment un peu plus l’identité forte de cette petite Principauté. Vous vous en rendrez d’ailleurs compte dès votre arrivée à Monaco, où les panneaux indiquant l’entrée portent les inscriptions « Principauté de Monaco » mais aussi « Principatu de Munegu ». Même double affichage français / monégasque sur les plaques indiquant le nom des rues. Sans compter le très bel hymne national, chanté dans sa version monégasque. Le pays a donc su conserver son héritage linguistique… Pour notre plus grand plaisir. ♥ Daghe Munegu* ! (*Allez Monaco !)

 

Article By Alex.

 

Pour en savoir plus :

  • Dictionnaire français/monégasque : cliquez ici
  • Site officiel du Comité National des Traditions Monégasques : cliquez ici
  • Site officiel de l’Académie des Langues Dialectales : cliquez ici

3 Commentaires

  • Dijulae dit :

    Très bonne initiative du Prince Rainier. Il aurait été dommage que cette langue disparaisse. Et un pays qui perd sa langue perd son identité. Question: Est-ce obligatoire uniquement pour les élèves de nationalité Monégasque ou pour tous les élèves scolarisés à Monaco quelque soit leur nationalité ?
    Munegascu dapertütu tüjiu cun fierta

  • Alex dit :

    @ Dijulae : Les établissements de la Principauté sont homologués « établissements français à l’étranger ». À ce titre, les horaires, programmes d’enseignement, diplômes préparés, sont conformes à ceux définis par l’Éducation Nationale Française. Cependant, certains enseignements sont spécifiques à Monaco, comme l’apprentissage de la langue monégasque ou encore l’histoire de Monaco. Ces enseignements font partie du socle commun et sont donc obligatoires pour tous les élèves inscrits en Principauté, qu’ils soient Monégasques ou d’une autre nationalité.
    Merci aussi pour la petite phrase en monégasque 🙂 C’est beau ! Je ne suis pas experte de cette langue, mais en gros je comprends que cela signifie : « Monégasque partout et toujours avec fierté ». Est-ce bien cela ?

  • Dijulae dit :

    Merci pour les précisions.
    Et c’est oui pour la traduction.

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